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Conseils

Les jeunes dirigeants !

Avec les baby-boomers qui prennent leur retraite massivement, voilà que les jeunes dirigeants arrivent aux portes des organisations. Quels changements ces jeunes patrons risquent-ils d'apporter aux priorités de gestion? Quels pièges les guettent ? Comment un jeune dirigeant peut-il maximiser ses chances de succès ? Le phénomène du dirigeant plus jeune que son équipe, autrefois très rare, risque d'être de plus en plus fréquent au cours des six prochaines années, qui seront marquées par le revirement de l'entonnoir démographique. En s'attardant à comprendre les enjeux de cette nouvelle réalité, jeunes et moins jeunes pourront contribuer ensemble à la synergie des équipes.

Généralement, le jeune dirigeant est hautement éduqué, très orienté vers la technologie et il démontre une curiosité pour les innovations. Il aborde les situations en posant un regard critique sur les solutions traditionnelles, cherchant à faire sa marque en modernisant les processus de travail. Il se montre également grandement sensible aux enjeux de mondialisation, d'écologie et d'équilibre entre le travail et la vie personnelle. Avide d'apprendre et souhaitant se développer continuellement, il se tient à jour et cherche davantage de réponses auprès de ses pairs évoluant dans d'autres secteurs qu'auprès de la « vieille garde »; il insuffle ainsi un vent de changement qui, bien que rafraîchissant, s'avère souvent déstabilisant.

Même si les patrons ont officiellement le pouvoir de modeler leur environnement, il demeure que plusieurs pièges guettent les plus jeunes d'entre eux et risquent de leur faire subir des échecs importants. Pas facile d'être un jeune dirigeant! La difficulté la plus sérieuse est sans doute liée à leur manque de crédibilité. En effet, le jeune patron ne possède pas de bagage suffisant pour se fier à ses expériences passées. Faute de pouvoir tirer profit de son vécu, il peut souvent sembler naïf, parfois idéaliste ou carrément inconscient au yeux de ceux qui ont « vu neigé » avant lui. Chaque situation devient un test, une occasion de faire ses preuves et ce contexte de défi perdure souvent bien au-delà de la période initiale d'intégration. La moindre erreur est perçue, quant à elle, comme une confirmation d'incompétence, une preuve que le jeune dirigeant a accédé au poste trop tôt, et bref, qu'il n'était pas prêt. Les plus âgés se diront, en haussant les épaules, qu'avant d'être un bon chef, il faut avoir été un excellent soldat.

Ainsi, un jeune cadre m'a dit un jour qu'en plus de sentir que ses employés guettaient constamment ses gestes, à l'affût d'une erreur, il avait éprouvé des difficultés à s'intégrer à son groupe de collègues cadres : « Je ne suis pas rendu au même endroit qu'eux dans ma vie, mes priorités ne sont pas les mêmes que les leurs, alors, même s'il n'y a pas de conflit ouvert, je sens que je ne fais pas réellement partie du groupe. » Ce jeune cadre vit cette isolation car il est le seul représentant de sa génération parmi ses pairs. À mesure que d'autres jeunes se joindront à l'équipe, la dynamique du groupe se redéfinira.

Face à cette remise en cause et à ces difficultés d'intégration, plusieurs jeunes patrons réagissent en haussant le ton et en bombant le torse. Pour se montrer à la hauteur de la situation, ils deviennent plus directifs, un style qui risque de ne pas leur convenir et d'empirer la situation. En effet, la plus grande erreur qu'un jeune cadre puisse commettre, c'est de se mettre à jouer au « Grand Patron ». Devant une telle arrogance, les plus âgés attendront avec encore plus d'impatience l'occasion de dégonfler cet ego déplacé. En plus d'aggraver l'écart avec ces derniers, le jeune patron risque alors de perdre l'allégeance des alliés potentiels de sa génération, qui sont typiquement allergiques à l'autoritarisme.

En fait, l'une des approches de gestion gagnantes que peuvent adopter les jeunes dirigeants est de se percevoir non pas en haut, mais plutôt au centre de l'équipe de travail. Ils deviennent ainsi un point de ralliement et d'ancrage quant à la direction à prendre, une source de dynamisation et peuvent jouer un rôle de soutien pour que tout aille rondement.

Il faut néanmoins se rappeler que le talent, aussi grand soit-il, se bonifiera toujours au contact de l'expérience. En ce sens, tout jeune patron, s'il veut accélérer son développement et éviter de fonctionner dans un mode essai-erreur parfois coûteux, se doit d'identifier un mentor ou un coach. Les supérieurs des jeunes cadres ont d'ailleurs un rôle crucial à jouer dans le succès de la relève. De plus, un jeune dirigeant qui parvient à trouver une source d'inspiration suffisamment détachée de la réalité interne pour lui fournir le recul nécessaire, peut maintenir le cap sur son développement professionnel au sens large. Les meilleurs leaders, peu importe leur âge, ont en commun une connaissance intime de ce qu'ils sont et du monde qui les entourent. Ils investissent également le temps nécessaire pour développer leur capacité à prendre un recul stratégique, ce qui représente un défi particulier pour les jeunes qui sont souvent naturellement orientés vers l'action et les résultats à court terme.

Avec de jeunes dirigeants conscients de leurs forces, sensibles à ces défis et aptes à miser sur la sagesse qui les entoure, les équipes peuvent développer une synergie gagnante.

 

Ne restez pas isolé !